Le pasteur David Jang (Olivet University), Genèse 3 : le Protoévangile et le combat spirituel


Un article approfondi qui déploie, dans le fil de toute l’Écriture, la chute de Genèse 3, la nature du péché, le tribunal de Dieu, le combat spirituel, le Protoévangile (Gn 3.15) et la restauration en Jésus-Christ, tels que le pasteur David Jang les met en lumière.


Nous réduisons souvent le péché à une simple « liste de mauvais choix ». Pourtant, lorsque le pasteur David Jang (Olivet University) ouvre Genèse 3, le texte devient non pas une leçon de morale, mais un diagnostic spirituel qui dissèque la fissure au cœur de l’existence humaine. Le récit du jardin d’Éden peut sembler appartenir à une antiquité lointaine, presque mythique ; mais David Jang le ramène au présent, dans notre quotidien. La fatigue du trajet matinal, le défilement machinal d’un écran de smartphone, une phrase lâchée dans une relation, une montée de désir suivie d’autojustification, puis la honte et la peur qui arrivent après coup. Genèse 3 n’est pas seulement « l’histoire de la chute », c’est le « schéma de la chute ». Et c’est précisément pour cela que le chemin de la restauration ne s’ouvre que lorsque ce schéma est regardé en face. Le cœur de son message est clair : le péché n’est pas d’abord un événement où l’on enfreint une règle, mais l’orgueil d’une conscience qui refuse de laisser Dieu être Dieu ; et cet orgueil mène à l’effondrement des relations, à l’évitement de la responsabilité, et à la réalité du combat spirituel.

David Jang s’arrête particulièrement sur la structure de la question du serpent : « Dieu a-t-il vraiment… ? » Dans cette phrase, il n’y a pas une négation frontale, mais un poison subtil qui ronge la confiance. Satan ne commence pas par crier « Dieu n’existe pas » ; il cherche plutôt à faire douter de la bonté de la Parole de Dieu, à faire passer la limite pour une oppression, et à pousser l’être humain à se placer lui-même au centre, comme celui qui définit le bien et le mal. Voilà le premier pas de la chute. Ève connaissait le commandement et percevait la frontière de l’interdit. Si elle vacille, ce n’est pas par manque d’information, mais à cause de l’orientation du cœur. Dans l’intériorité humaine sommeille le désir de « devenir comme Dieu » ; et ce désir fait prendre l’obéissance pour un joug, et la frontière de la grâce pour une captivité. David Jang explique ici la nature du péché comme une « perte de la condition de fils (ou de fille) ». Créé pour vivre librement en Dieu, l’être humain divinise l’indépendance et l’autonomie lorsqu’il s’éloigne de Dieu ; alors la liberté se dégrade en licence, et la licence enfante la peur et l’isolement.

La chute s’infiltre toujours dans le corps par ce qui ressemble à un avantage immédiat. L’expression « bon à manger, agréable à la vue, et désirable pour acquérir la sagesse » révèle une triple structure du désir humain : les sens vacillent d’abord, l’évaluation se déforme ensuite, puis le choix suit. David Jang le traduit en langage contemporain : certains contenus entrent par les yeux et occupent le cœur ; certaines habitudes se solidifient par les mains et réorientent toute la vie ; certaines relations, en abaissant imperceptiblement les limites, finissent par voler la place de l’âme. C’est pourquoi il s’appuie avec gravité sur la parole de Jésus en Matthieu 5 : « Si ton œil droit est pour toi une occasion de chute, arrache-le… ; si ta main droite est pour toi une occasion de chute, coupe-la… » (cf. Mt 5.29). Il ne s’agit pas d’un ordre de mutilation, mais de l’image d’une chirurgie spirituelle : couper la voie d’entrée du péché. Pour David Jang, les « canaux du péché » ne concernent pas uniquement un domaine précis comme l’impureté. L’avidité, la vanité, la colère, l’irresponsabilité, la déformation des relations, le mensonge, le cynisme, et même l’insensibilité spirituelle du « je vais bien » peuvent devenir des passages d’invasion. La culture, les médias, Internet et le smartphone abaissent facilement les frontières du cœur et accélèrent anormalement la vitesse du désir. Ainsi, la « maîtrise de soi » n’est pas un trait de personnalité : c’est une compétence de survie spirituelle. David Jang souligne qu’il ne suffit pas de « tenir bon ». Si la porte reste ouverte, le péché revient ; si l’habitude est laissée sans vigilance, elle devient plus raffinée et plus dominante. Le croyant doit donc examiner honnêtement quels canaux, dans sa vie concrète, servent de passage à la tentation, puis prendre la décision réelle de les fermer.

Il ajoute que cette décision ne doit pas être vue uniquement comme une perte. Couper, ce n’est pas d’abord s’appauvrir : c’est dégager un espace pour la restauration, reconstruire un ordre qui permet à l’âme de respirer. Cela peut prendre la forme de gestes simples : consacrer ne serait-ce que les premières minutes de la journée à la Parole et à la prière ; pratiquer un « sabbat numérique » en posant l’écran le soir ; partager les zones de fragilité récurrentes avec un compagnon spirituel fiable afin d’établir une structure de responsabilité. Parce que le croyant n’est pas toujours fort face à l’attrait, David Jang conseille de privilégier moins la « volonté héroïque » que la construction d’un « environnement sain ». La grâce ne circule pas seulement dans nos intentions, mais aussi dans nos habitudes, nos horaires et l’architecture de nos relations.

Genèse 3 est tranchant parce qu’il ne dissimule pas la réaction humaine après la chute. Quand le péché entre, la honte apparaît ; la honte engendre la fuite ; la fuite produit l’excuse. Adam accuse la femme — et plus profondément, on entend presque une accusation dirigée vers Dieu : « la femme que tu as mise auprès de moi… » Cette phrase est un langage d’autodéfense, mais aussi un langage qui soupçonne le don bon de Dieu. Ève pointe le serpent. David Jang décrit cette chaîne de transfert de responsabilité comme le « réflexe standard de l’humanité déchue ». Reconnaître le péché fait peur, parce qu’on craint que l’idole du moi s’effondre ; alors l’être humain déplace sans cesse la cause vers l’extérieur : l’environnement, les autres, le système, l’époque, les blessures, le caractère, et même un vocabulaire religieux qui tisse un vêtement d’excuses. Mais devant Dieu, la restauration commence non pas par l’argumentation, mais par la confession. Se cacher ne fait pas disparaître notre existence ; éviter n’annule pas le jugement. David Jang exhorte donc à ne pas perdre le sens de « vivre devant le tribunal de Dieu ». Devant les tribunaux humains, on peut parfois trouver des échappatoires par des techniques ou des preuves ; mais, comme le rappelle l’Écriture (cf. Hébreux), « il est réservé aux hommes de mourir une seule fois, après quoi vient le jugement ». Dans ce tribunal-là, ni le pouvoir, ni l’opinion, ni notre propre récit ne passent : seule la vérité demeure.

C’est dans ce même sens que David Jang insiste sur « la question de Dieu » en Genèse 3 : « Où es-tu ? » Dieu n’interroge pas parce qu’il ignorerait la position d’Adam ; il appelle l’être humain hors de l’espace de fuite que le péché a construit, afin qu’il prenne conscience de son état et de sa place. David Jang appelle ici le cœur de la foi « le courage de se tenir devant Dieu ». Le péché nous pousse vers l’ombre des arbres, et la peur creuse un enfouissement plus profond ; mais l’appel de Dieu prononce notre nom dans la cachette et nous relève. À ce moment, ce dont le croyant a besoin n’est pas une haine de soi émotionnelle, mais une honnêteté orientée vers la vérité. La repentance n’est pas une technique pour convaincre Dieu : c’est un pas sur le chemin de restauration que Dieu a déjà ouvert. C’est pourquoi David Jang demande de distinguer « la voix de la condamnation » et « la conviction du Saint-Esprit ». La condamnation dit : « c’est fini pour toi » et pousse à la rupture ; la conviction du Saint-Esprit dit : « reviens » et conduit à la restauration de la relation.

David Jang lit Genèse 3.14 et suivants comme un « verdict ». D’abord le serpent, ensuite la femme, enfin l’homme. Comme le péché s’est répandu à travers des relations, le jugement suit aussi un ordre relationnel. La malédiction sur le serpent n’est pas seulement une explication biologique ; elle symbolise la direction misérable de l’esprit du mensonge et de la division. Ici, David Jang précise qu’il n’est pas nécessaire de surestimer Satan ni de le mystifier. Il mord encore le talon et laisse des blessures ; mais la victoire finale est déjà tranchée. Comme l’annonce Apocalypse 20, sa fin est l’enchaînement, le jugement et la défaite. La peur est une stratégie ; la foi est l’antidote. La plus grande arme de Satan est le murmure du découragement : « tu es déjà fini ». L’Évangile, lui, proclame : « en Christ, la victoire est déjà acquise ».

L’augmentation de la douleur annoncée à la femme montre le paradoxe de la chute : même la bénédiction de la vie peut se transformer en fardeau et en angoisse. David Jang y voit aussi un angle civilisationnel : donner la vie et élever devient à la fois bénédiction et labeur de larmes ; l’intimité relationnelle bascule vers la domination et le conflit. Cela prouve que le péché ne reste pas confiné dans le cœur individuel : il se traduit aussi en structures sociales. La phrase « tes désirs se porteront vers ton mari, mais il dominera sur toi » montre que l’union d’amour peut se tordre selon une logique de pouvoir. David Jang met alors en avant la restauration de l’Évangile : en Christ, le pouvoir se convertit en service, l’oppression est guérie par le respect, et les blessures apprennent le langage du pardon. Si le péché détruit les relations, l’Évangile les rebâtit.

La sentence adressée à Adam inscrit la tension du travail et de la survie dans la condition humaine. L’image d’une terre produisant « ronces et épines » décrit une réalité où l’effort ne se convertit pas automatiquement en fruit. David Jang relie naturellement ce point à Romains 8 : la création tout entière « gémit et souffre » jusqu’à présent. La pensée de Paul révèle que le péché humain n’a pas seulement affecté un destin personnel, mais aussi l’ordre du monde. La nature n’est pas un décor neutre : elle devient un « témoin qui gémit », lié à l’effondrement moral de l’humanité. Dans un monde où la compétition, l’exploitation, l’anxiété, les catastrophes et les dissonances sont devenues ordinaires, nous reconnaissons l’ombre de la « perte » que décrit Genèse 3. Mais David Jang rappelle que Romains 8 ne se termine pas par le gémissement : si la création gémit, ce n’est pas faute d’espérance, mais comme des douleurs d’enfantement, tendues vers une nouvelle création. Et lorsque l’Écriture affirme que l’Esprit intercède en nous par des soupirs inexprimables, elle rend clair que la restauration n’est pas le produit de la seule volonté humaine : elle est l’œuvre salvatrice de Dieu.

Parmi les actes de Dieu après la chute, l’un des plus saisissants est celui des vêtements de peau. Adam et Ève se couvrent de feuilles de figuier, mais cette couverture ne peut pas apaiser totalement l’angoisse et la honte. Dieu leur fait des vêtements de peau et les en revêt. David Jang lit cette scène comme un symbole de l’histoire du salut : elle annonce une vérité sévère — il n’y a pas de pardon sans effusion de sang — et, en même temps, elle marque la miséricorde de Dieu qui ne laisse pas le pécheur à lui-même. Pour que la honte soit couverte et que la relation recommence, un sacrifice est nécessaire. Les sacrifices de l’Ancien Testament, le sang de la Pâque, et l’accomplissement final dans le sang de la croix, forment un fleuve unique. Si David Jang insiste tant sur le « sang de Jésus-Christ », c’est parce que le péché ne disparaît pas par la simple exhortation, ni par l’auto-amélioration, ni par de bonnes actions qui compenseraient une dette. Le péché exige une substitution ; la substitution exige l’extrême de l’amour. La croix prouve que Dieu ne prend pas le péché à la légère, et elle proclame aussi qu’il ne renonce pas au pécheur.

Puis vient Genèse 3.15 : le Protoévangile, que David Jang aime appeler la première sonnerie de grâce au cœur même du jugement. Il y aura hostilité entre la descendance de la femme et celle du serpent, et la descendance de la femme écrasera la tête du serpent. Cette promesse trouve son centre dans Jésus-Christ. Satan blessera son talon — image qui renvoie à la souffrance et à la mort de la croix. Mais une blessure au talon n’est pas une atteinte fatale : la résurrection révèle que la blessure n’est pas la fin. À l’inverse, la tête écrasée signifie une défaite décisive. David Jang utilise ce contraste pour corriger notre perspective : les blessures, les échecs, les tentations et les découragements que nous vivons ressemblent à une douleur réelle au talon — cela fait mal — mais ce n’est pas la conclusion de l’histoire. La victoire du Christ est la conclusion, et le destin du croyant uni à lui est la conclusion.

La promesse du Protoévangile ne reste pas une formule doctrinale : elle façonne la grande trajectoire biblique. Lorsque Galates confesse : « quand les temps ont été accomplis, Dieu a envoyé son Fils, né d’une femme », cela signifie que Genèse 3.15 n’était pas un symbole vague, mais une promesse réalisée dans l’histoire. David Jang élargit alors l’horizon de l’histoire du salut : la promesse faite à Abraham, la délivrance de l’Exode, l’alliance davidique, l’annonce de la nouvelle alliance, puis la croix et la résurrection, la venue de l’Esprit et la naissance de l’Église, jusqu’au jugement final et à la création nouvelle. Tout se déploie selon un rythme : « chute – jugement – grâce – restauration – nouvelle création ». Ainsi, Genèse 3 est à la fois un commencement et un texte qui annonce déjà la fin. Être chassé d’Éden n’est pas le dernier mot : c’est un détour qui prépare le retour vers l’arbre de vie, et le centre de ce chemin, c’est le sang du Christ.

David Jang met en garde contre une consommation superficielle du thème du combat spirituel. Éphésiens 6 dit que notre lutte n’est pas contre la chair et le sang, mais contre les puissances des ténèbres. Cela ne signifie pas qu’il faille ignorer les relations humaines ou les structures sociales ; cela signifie qu’il faut se souvenir qu’au-delà des conflits visibles, il y a des perturbations invisibles. Quand la colère s’amplifie, quand la méfiance grandit, quand les relations se brisent, quand l’Église se divise, quand la famille s’effondre, une vieille stratégie est souvent à l’œuvre : le mensonge et l’isolement. C’est pourquoi l’armure complète n’est pas un ornement religieux : c’est un équipement de survie. La ceinture de la vérité stabilise une identité vacillante ; la cuirasse de la justice bloque les flèches de la condamnation ; les chaussures du zèle que donne l’Évangile de paix empêchent la fuite et nous font avancer. Le bouclier de la foi éteint les traits enflammés ; le casque du salut garde le champ de bataille des pensées ; l’épée de l’Esprit, qui est la Parole de Dieu, sert à la fois à défendre et à attaquer. David Jang ajoute qu’il faut y joindre la prière « en tout temps ». La prière n’est pas seulement une arme : elle est le souffle qui met les armes en mouvement.

Dans cette perspective, Jésus au désert se lit comme le renversement de Genèse 3. À Éden, au milieu de l’abondance, l’homme a douté de la Parole ; au désert, au milieu du manque, Jésus triomphe par la Parole. Quand Satan ébranle l’identité par : « Si tu es le Fils de Dieu… », Jésus répond : « Il est écrit… ». Voilà pourquoi David Jang insiste sur la lecture quotidienne des Écritures et la méditation comme un entraînement de combat spirituel. Ce n’est pas seulement pour accumuler de la connaissance, mais pour répondre immédiatement, en langage de vérité, lorsque des questions déformées nous sont lancées. La Parole ordonne le chaos intérieur, normalise l’exagération du désir, et replace l’impulsion du « tout de suite » sous la perspective de l’éternité. Et quand ce processus se répète, le croyant devient non pas quelqu’un qui « endure tant bien que mal », mais quelqu’un qui « discerne et refuse ».

La tension entre l’Esprit et la chair décrite en Galates 5 explique le front intérieur du combat spirituel : la chair s’oppose à l’Esprit, et l’Esprit s’oppose à la chair. Le combat ne se déroule pas seulement face à des tentations externes, mais aussi au niveau des désirs internes. David Jang s’en sert pour rappeler que la seule volonté ne suffit pas : l’être humain peut tenir quelques jours par décision, mais si le fruit de l’Esprit ne mûrit pas, il revient aux mêmes cycles. Il interprète donc « marchez selon l’Esprit » comme un appel à changer le rythme de vie : lire la Parole à voix haute, conclure la journée par une prière de repentance qui repère les points d’entrée de la tentation, pratiquer un court culte en famille, vivre une transparence et une intercession dans la communauté, et reprendre la supplication du Notre Père : « ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du mal ». Lorsque ce rythme s’effondre, le péché reconquiert des passages.

Si David Jang cite aussi Matthieu 18, c’est pour rappeler que le combat spirituel n’est pas un duel solitaire. Faire tomber quelqu’un n’est pas une simple maladresse : c’est une violence spirituelle qui renverse une âme. La parole de Jésus — il vaudrait mieux qu’on attache une meule au cou de celui qui fait trébucher un petit et qu’on le jette à la mer — est extrême parce que la puissance destructrice du péché ne reste pas enfermée dans la sphère individuelle. De même qu’Adam, en ne protégeant pas Ève et en restant passif, a laissé une tragédie s’étendre jusqu’à l’humanité entière, notre indifférence et notre laisser-faire peuvent aussi ébranler la foi et la vie d’autrui. Ainsi, la restauration que David Jang décrit inclut toujours une responsabilité communautaire : les parents envers leurs enfants, le mari envers sa femme, la femme envers son mari, les responsables envers la communauté, les amis les uns envers les autres. Ici, « prendre soin » ne signifie ni contrôler ni surveiller, mais s’allier dans l’amour pour tenir la bonne direction. Si Satan vise la faiblesse par l’isolement, l’Évangile couvre les blessures par l’union.

David Jang insiste particulièrement sur le fait que ceux qui ont de l’influence doivent être plus vigilants. Plus la parole pèse, plus une plaisanterie légère ou une hypocrisie cachée peut faire tomber quelqu’un. La sainteté du croyant n’est donc pas une question d’image personnelle : c’est une responsabilité d’amour qui protège la vie de la communauté.

Au centre de tout cela, s’il fallait retenir un mot que David Jang place sans cesse, ce serait « l’identité ». Lorsqu’un être humain croit qu’il peut vivre sans Dieu, il devient en réalité plus vulnérable. Le péché promet l’autonomie, mais laisse l’addiction et l’angoisse. La restauration en Christ consiste à retrouver l’identité de fils (et de fille). Ce que proclame Romains 8 n’est pas un simple réconfort psychologique, mais une libération juridique : être délivré de la loi du péché et de la mort, transféré sous la loi de l’Esprit de vie ; voir disparaître la condamnation, recevoir l’Esprit d’adoption et crier : « Abba, Père ». David Jang dit alors que le combat du croyant ne peut pas se réduire à « ne pas commettre » : il doit s’élargir à la joie de la liberté des enfants de Dieu. Ne plus se cacher sous le poids de la condamnation, mais marcher à la lumière dans la grâce. Quand ce basculement se produit, la repentance devient non pas de l’autoflagellation, mais un changement de direction ; et l’obéissance devient non pas une oppression, mais une réponse d’amour.

Si l’on veut visualiser la scène de Genèse 3, on peut se souvenir d’un chef-d’œuvre de la Renaissance : la fresque de Masaccio, L’Expulsion du jardin d’Éden (The Expulsion from the Garden of Eden). Sur le mur de la chapelle Brancacci, Adam s’effondre en se couvrant le visage, et Ève hurle en se recroquevillant. Leurs gestes disent que la « honte » n’est pas seulement un sentiment, mais une ruine de l’être. C’est précisément pourquoi David Jang met en avant la honte et la peur lorsqu’il lit Genèse 3 : le fruit du péché n’est pas une simple pénalité, c’est l’état d’un être qui, ayant quitté Dieu, ne peut plus se supporter lui-même. Mais la question plus grande que laisse cette image est la suivante : si l’expulsion est la fin, où va l’histoire humaine ? La Bible répond en commençant par le Protoévangile, en passant par la croix, et en achevant par la nouvelle création de l’Apocalypse. La porte du tableau se ferme, mais l’Évangile ouvre une autre porte.

Dans la scène finale que montre l’Apocalypse, l’arbre de vie réapparaît. Au commencement, le chemin vers l’arbre de vie avait été barré pour que le pécheur ne s’en approche pas ; à la fin, ceux qui « lavent leurs robes » ont accès à cet arbre. David Jang s’appuie sur ce mouvement pour dire : la restauration n’est pas un simple retour à l’état initial, mais une invitation vers un monde de grâce plus profond. Éden ressemble à un paradis perdu, mais la nouvelle Jérusalem n’est pas un retour en arrière : c’est l’avenir où la présence de Dieu se manifeste pleinement. Là, il n’y a plus de malédiction, plus de nuit, plus de larmes. Cette promesse n’est pas une fuite du réel ; elle est une force eschatologique qui nous permet de traverser le réel. Même quand le talon souffre, nous marchons en nous souvenant de la victoire sur la tête.

L’avertissement que David Jang adresse aussi à la réalité de l’Église touche ce point : un évangile qui ne parle pas du péché finit par estomper la nécessité de la croix. Il rend la grâce bon marché, réduit la repentance à un événement émotionnel, et relègue la sanctification au rang d’option personnelle. À l’inverse, si l’on ne souligne que le péché en affaiblissant la grâce, la foi se déforme en religion de la peur. David Jang lit Genèse 3 comme un texte où « jugement et promesse sonnent en même temps », précisément pour garder cet équilibre. Le péché est réellement lourd, le jugement existe réellement, et Dieu est réellement saint. Et en même temps, le Protoévangile a réellement été proclamé, la croix a réellement été dressée, et la résurrection a réellement eu lieu. Cette réalité arrache le croyant au désespoir, le réveille de l’insensibilité, et le reconduit à un pas de plus dans l’obéissance.

Ainsi, « chute et restauration » n’est pas qu’un terme théologique : c’est une grammaire spirituelle pour vivre aujourd’hui. Les pratiques que David Jang recommande ne relèvent pas d’expériences mystiques spectaculaires, mais de l’accumulation d’une obéissance petite et fidèle : supprimer une application qui nourrit la tentation, réorganiser avec courage la frontière d’une relation qui durcit le cœur, modérer une habitude de consommation qui attise l’avidité, arrêter une parole qui nourrit la colère et apprendre à respirer dans le silence, et prier au cœur de la vie : « Seigneur, quelle flèche vise aujourd’hui mon talon ? » Lorsque la sagesse communautaire s’ajoute à cela, le croyant n’est plus celui qui « tient seul », mais celui qui « se tient avec d’autres ». Une Église qui ne pousse pas celui qui tombe vers l’exclusion par la condamnation, mais qui lui tend la main vers la restauration ; un leadership plus vigilant pour ne pas faire trébucher les plus faibles ; des conversations dans la famille qui protègent l’âme de l’autre : alors la tragédie de Genèse 3 devient non seulement un événement passé, mais une vigilance présente, et la promesse du Protoévangile devient une espérance pour demain.

Enfin, David Jang déplace le regard du croyant des « blessures présentes » vers « l’accomplissement final ». Nous continuons à travailler en sueur, à souffrir dans les relations, à lutter contre les résidus du péché, et à traverser le gémissement de la création. Mais, comme le dit Romains 8, l’Esprit ne nous laisse pas orphelins ; et comme le dit l’Apocalypse, la promesse d’un nouveau ciel et d’une nouvelle terre n’est pas un idéal vide : c’est l’avenir certain du Royaume de Dieu. Celui qui s’attache à cet avenir vit autrement aujourd’hui : même si le talon fait mal, il ne perd pas la direction ; même s’il tombe, il se relève ; il ne prend pas le péché à la légère, mais il ne rend pas non plus la grâce légère. La conclusion vers laquelle David Jang conduit par la prédication est une « victoire concrète en Christ ». La victoire n’est pas la perfection, mais une trajectoire : revenir sans cesse à Dieu. Et sur cette trajectoire, le croyant porte de plus en plus le parfum de la lumière et du sel. Là où la porte de la chute s’est fermée, la porte de la restauration s’ouvre par la croix. Et marcher, jour après jour, en passant cette porte, fait du message de la chute et de la restauration, tel que David Jang l’enseigne, un évangile vivant, ici et maintenant. Aujourd’hui encore, tenons-nous ensemble sur ce chemin, frères et sœurs.

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작성 2026.01.28 18:36 수정 2026.01.28 18:36

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2023-01-30 10:21:54 / 김종현기자